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Français > Anglais : Texte littéraire format A4 60 pages (25513 mots)
Texte littéraire format A4 60 pages (25513 mots)
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Example du texte :
Chapitre 2
Adolescente, je ployais à la façon d’un saule pleureur dont les branches plongent vers le sol au lieu d’embrasser le ciel.
Petite de taille et menue de circonférence, je courbais les épaules jusqu’à me tordre l’échine. Pendant quatre années, j’ai suivi des traitements de physiothérapie pour me redresser. Personne, à cette époque ne parlait du langage du corps. Les seuls commentaires que l’on formulait pour m’aider à corriger ma posture étaient : « Tiens-toi droite, redresse-toi ! » Facile à dire, difficile à réaliser quand on porte en soi cette incapacité à s’affirmer, à clamer haut et fort son besoin d’occuper en ce monde la place qui est la sienne sans peur de décevoir.
Un jour, je me suis même infligée un tour de rein carabiné qui m’a figée de douleur sur le tapis du salon pendant tout un week-end.
Mon corps criait, personne ne l’entendait, surtout pas moi. Au contraire, il m’importait de ne pas trop écouter mes maux afin de ne pas devenir capricieuse, molle et faible. Ma volonté, et quelques analgésiques, devait parvenir à chasser les malaises et éviter les pièges de l’affliction; signe d’une honteuse faiblesse de caractère.
Il m’arrive de penser aux raccourcis que j’aurais pu emprunter si, à ce jeune âge, j’avais eu la chance de m’affranchir de mes peurs. Ma vie aurait été recomposée. Plus de ces tourments, de cette timidité ravageuse, de cette crainte des garçons qui me poussaient à fuir tout prétendant intéressant, à ravaler mes émois et à camoufler mes charmes sous des vêtements informes. Je pataugeais dans l’incertitude sans trouver d’issue de secours, je ne savais pas où trouver un réconfort, un sens et une couleur à ma vie.
L’adolescence est cette période charnière entre l’enfance et l’âge adulte ou des brèches subsistent pour fuir l’endoctrinement et la mouvance générale. Je me souviens encore avec précision des moments où j’aurais pu m’échapper du moule, choisir des chemins de traverse plus hasardeux mais ouverts sur soi-même. Je n’ai pas su saisir ces occasions, tirer profit de rencontres éclairantes; celles qui allument une petite étincelle. Je n’arrivais pas à me comprendre, à sortir de l’indécision et du mal être dans lequel le conformisme me plongeait. Je me savais dissemblable mais terriblement seule, anxieuse et désorientée.
Un jeune homme a occupé une place au premier plan dans ma vie au cours de cette période et longtemps après. Une rencontre significative pour moi, bien malgré lui.
Ce garçon, appelons-le Benjamin, a fait irruption en plein cœur de mes angoisses d’adolescente. Il se démarquait de la foule par son look marginal, sa frivolité et son regard inquisiteur. Ses yeux noirs, perçants, cherchaient constamment à capter mon attention et à s’y accrocher. Une façon bien singulière de me signifier son intérêt et de chercher à me connaître. Ses regards intenses me scrutaient en silence et me déstabilisaient comme s’il parvenait à transpercer toutes mes défenses pour me mettre à nu. J’étais à la fois charmée, subjuguée et effrayée. J’étais une adolescente si mal à l’aise dans mon corps et dans ma tête que cette inquisition m’enlisait davantage dans mes sables mouvants. Je perdais pied. Je n’arrivais pas à soutenir son regard et oser enfin être bousculée.
J’avais désespérément besoin d’une main tendue pour me sortir du conformisme dans laquelle je sombrais. Cette main, je n’ai pas su la saisir. J’avais pourtant cette conscience d’être moi aussi différente, d’être habitée par un talent, une sensibilité artistique. Restait encore un lien ténu avec une petite flamme intérieure, un accès à quelque chose de lumineux et d’apaisant, une ouverture sur moi-même. Une fenêtre sur mon âme avant que le rideau ne tombe définitivement.
Benjamin me ramenait à ma véritable identité et pourtant je battais en retraite et relevais mes défenses. Je laissais libre cours à mon attirance uniquement lors des soirées imbibées d’alcool où mes inhibitions fondaient. Une fois sobre, je reprenais mes distances et m’étourdissais à nouveau dans l’indécision, le doute, dans ce profond mal être si commun aux adolescents.
Je trouvais refuge dans la lecture. Je m’oubliais dans les histoires des autres. Cette fuite occupait de larges pans de mon existence car je lisais tout le temps, parfois trois ouvrages à la fois. J’ai englouti une bibliothèque entière pour apaiser ma rage de vivre, surtout de la littérature et des ouvrages féministes. Tout pour me dérouter et rien pour m’aider à revenir vers moi, pour que je comprenne que mon mal être m’incitait à m’éclater comme un feu d’artifice, à me dénuder réellement au lieu de me refermer.
J’ai choisi le mauvais chemin confondant la peur avec mon instinct. Je me disais : « si j’étais à l’aise avec Benjamin, si je pouvais lui exprimer mes véritables sentiments, je n’aurais pas le cœur à l’envers, ces gargouillements et cette gène écrasante. Je me sentirais libre et rassurée. » J’ai donc opté pour la réserve et la conformité; j’ai surtout choisi de ne pas contrarier ma mère qui, de toute sa pesante influence, désapprouvait ce choix, ce Benjamin trop excentrique.
Je n’ai pas su saisir cette rencontre, comme une bouée lancée à ma rescousse. J’ai tiré le rideau et continué ma route à l’ombre de moi-même.
Quelques années plus tard, j’ai commencé à rêver à Benjamin. Dans ces rêves récurrents les scénarios changeaient mais la trame de fond demeurait la même, dans chacun de ces rêves quelque chose m’échappait : un rendez-vous manqué, un objet brisé, le besoin de fuir, l’obligation de partir en vitesse etc. Ces rêves ne se terminaient jamais sur une finale heureuse et enlacée, mais toujours sur un malheureux glissement. J’ai rêvé à Benjamin soir après soir pendant une dizaine d’années… sans jamais en comprendre la signification; sans chercher réellement à en saisir la symbolique. J’avais pris l’habitude de ces rendez-vous oniriques en croyant qu’ils évoquaient un amour de jeunesse idéalisé.
Une telle assiduité à occuper mon inconscient révélait un message plus puissant. Le songe est une méthode indirecte pour capter notre attention, pour déjouer notre intellect en veille constante pendant le jour. Ces rêves me ramenaient à l’essentiel, m’alertaient sur une perte importante. Je me fourvoyais, je cumulais de mauvaises décisions, autant dans mon orientation professionnelle que dans ma vie personnelle et j’ensevelissais toujours un peu plus profondément une part inaltérée de mon intégrité que je devais absolument retrouver.
Cet homme est réapparu à deux reprises dans ma vie. À chaque fois cela coïncidait à une transition, à une rupture que je devais initier avec mes conjoints pour changer de route et me ramener vers moi.
J’associe sa présence dans ma vie, consciente et inconsciente, à un phare dans la nuit m’avertissant d’un danger, m’indiquant mon chemin. J’aurais dû capter ce signal dès mon adolescence et m’orienter vers le grand large, vers les eaux vives sans crainte des remous. Je suis restée sur la berge, perplexe et apeurée, et j’ai suivi les sentiers balisés, ceux que mon esprit pressurisé par les frayeurs ambiantes m’incitait à emprunter par sécurité, pour ne pas m’égarer. Et c’est ainsi que je me s
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